bourreau

bourreau [ buro ] n. m.
• 1319; de bourrer « frapper »
1Celui qui exécute les peines corporelles ordonnées par une cour de justice, et spécialement la peine de mort. exécuteur. Bourreau qui appliquait autrefois la torture, les supplices. tortionnaire.
2Par ext. Personne qui martyrise qqn, physiquement ou moralement. Bourreau d'enfants. « chacun ayant sa victime et chacun son bourreau » (Léautaud).
Plaisant Bourreau des cœurs : homme à succès. ⇒ don Juan, séducteur.
3Fig. Bourreau de travail : personne qui abat beaucoup de travail. Ces femmes sont des bourreaux de travail.
⊗ CONTR. Victime.

bourreau nom masculin (de bourrer, maltraiter) Personne qui était chargée d'infliger les peines corporelles prononcées par une cour criminelle et notamment la peine de mort. Personne cruelle qui maltraite d'autres personnes : Les bourreaux d'enfants.bourreau (citations) nom masculin (de bourrer, maltraiter) Charles Baudelaire Paris 1821-Paris 1867 Je suis la plaie et le couteau ! Je suis le soufflet et la joue ! Je suis les membres et la roue, Et la victime et le bourreau. Les Fleurs du Mal, l'Héautontimorouménos Charles Baudelaire Paris 1821-Paris 1867 Il n'existe que trois êtres respectables : le prêtre, le guerrier, le poète. Savoir, tuer et créer. Mon cœur mis à nu Charles Baudelaire Paris 1821-Paris 1867 Il serait peut-être doux d'être alternativement victime et bourreau. Mon cœur mis à nu Roger Caillois Reims 1913-Paris 1978 Académie française, 1971 Le bourreau et le souverain forment couple. Instincts et société Denoël André de Chénier Constantinople 1762-Paris 1794 Mourir sans vider mon carquois ! Sans percer, sans fouler, sans pétrir dans leur fange Ces bourreaux barbouilleurs de lois. Iambes Jean Giraudoux Bellac 1882-Paris 1944 Le bourreau n'est exact qu'à l'aurore. Intermezzo, II, 2, le droguiste Grasset Victor Hugo Besançon 1802-Paris 1885 Grattez le juge, vous trouverez le bourreau. Littérature et philosophie mêlées Charles Nodier Besançon 1780-Paris 1844 Académie française, 1833 Il ne faut léser personne. Il ne faut pas léser ceux qui tuent. Il ne faut pas tuer le bourreau ! Histoire d'Hélène Gillet Marcel Proust Paris 1871-Paris 1922 Malheureusement dans le monde, comme dans le monde politique, les victimes sont si lâches qu'on ne peut pas en vouloir bien longtemps aux bourreaux. À la recherche du temps perdu, Sodome et Gomorrhe Gallimard Jean-Paul Sartre Paris 1905-Paris 1980 Je déteste les victimes quand elles respectent leurs bourreaux. Les Séquestrés d'Altona Gallimardbourreau (expressions) nom masculin (de bourrer, maltraiter) Familier. Bourreau des cœurs, séducteur ; don Juan. Familier. Bourreau de travail, personne qui travaille sans relâche. Valet de bourreau, celui qui aidait le bourreau dans ses fonctions. ● bourreau (synonymes) nom masculin (de bourrer, maltraiter) Personne qui était chargée d'infliger les peines corporelles prononcées par...
Synonymes :
- exécuteur des hautes oeuvres
Personne cruelle qui maltraite d'autres personnes
Synonymes :
Contraires :
Valet de bourreau
Synonymes :
- aide de l'exécuteur

bourreau
n. m.
d1./d Exécuteur des jugements criminels (spécial. de la peine de mort).
d2./d Par ext. Homme cruel, inhumain.
|| Bourreau des coeurs: séducteur.
|| Bourreau de travail: travailleur forcené.

I.
⇒BOURREAU1, subst. masc.
Vx et rare
A.— Bourrelet; amas de bourre.
TECHNOL. ,,Se dit, dans les salines, d'un sac garni de paille que met sur son épaule l'ouvrier qui porte un panier de sel`` (Ac. Compl. 1842).
Rem. Attesté dans BESCH. 1845, Lar. 19e, LITTRÉ, GUÉRIN 1892, Nouv. Lar. ill., DG, QUILLET 1965.
B.— Bourrelet; ornement de la coiffure des femmes. ... elles brûlèrent publiquement leurs atours de tête, bourreaux, truffaux, pièces de cuir ou de baleine dont elles dressaient le devant de leurs chaperons (A. FRANCE, Vie de Jeanne d'Arc, 1908, p. 483); (cf. DU CANGE, s.v. borreletus).
Rem. Attesté en outre dans GUÉRIN 1892.
Prononc. :[]. Étymol. et Hist. 1. Ca 1180 bouriaus (plur.) « bourrelet ou coussin sur lequel on tape de l'épée en guise d'exercice » (CHR. DE TROYES, Perceval, 1532, éd. Hilka); fin XIIe s. borel « bourrelet de selle » (B. DE STE-MAURE, Troie, éd. Constans, 7096 var.); 1223 id. « collier de bourre? » (GAUTIER DE COINCY, Mir. Vierge, 578, 160 dans T.-L.); XIVe-XVe s. « bourre garnissant le bourrelet, coiffure de femme; cette coiffure elle-même » (cf. GAY, s.v. bourras, bourreau); 2. techn. boureau 1765 (Encyclop. t. 14, p. 546b, s.v. saline). Dér. de bourre; suff. -eau.
BBG. — SAIN. Sources t. 1 1972 [1925], p. 356.
II.
⇒BOURREAU2, BOURRELLE, subst.
I.— Bourreau, subst. masc.
A.— Exécuteur des arrêts de justice chargé d'appliquer la torture ou d'infliger la peine de mort. Synon. exécuteur des hautes-œuvres.
Spéc. ,,En France, il désigne aujourd'hui celui qui est chargé de décapiter les condamnés à mort`` (Ac. 1932) :
1. Avant la Révolution j'ai eu pour maîtresse une femme, dit-il, qui avait été entretenue par l'exécuteur des hautes-œuvres qu'on appelait alors le bourreau. Un jour, au spectacle, elle se pique avec une épingle, et, comme cela se disait alors, elle s'écria : « Ah! bourreau!
— Est-ce une réminiscence? » lui dit son voisin.
BALZAC, Splendeurs et misères des courtisanes, 1847, p. 274.
2. GARCIN. — Très bien. Parfait. Eh bien, la glace est rompue. Ainsi vous me trouvez la mine d'un bourreau? Et à quoi les reconnaît-on, les bourreaux, s'il vous plaît?
INÈS. — Ils ont l'air d'avoir peur.
GARCIN. — Peur? C'est trop drôle. Et de qui? De leurs victimes?
SARTRE, Huis clos, 1944, 3, p. 122.
Le valet du bourreau. Homme qui aide le bourreau dans les exécutions. Synon. juridique aide du bourreau Être insolent comme un valet de bourreau (proverbial). Être d'une insolence cynique (cf. Lar. 19e, DG, Lar. 20e).  :
3. La charrette, pendant ces courts dialogues, était arrivée au pied de l'échafaud, dont Agostin monta lentement les degrés, précédé du valet, soutenu du capucin et suivi du bourreau. En moins d'une minute il fut étalé et lié solidement sur la roue par les aides de l'exécuteur.
T. GAUTIER, Le Capitaine Fracasse, 1863, p. 474.
SYNT. Le fer, le fer rouge, le glaive, la hache, les tenailles du bourreau; la cruauté, les outrages des bourreaux; apporter une tête, livrer qqn au bourreau, livrer au bourreau la tête de qqn; avouer entre les mains du bourreau, être marqué par, périr par la main du bourreau; craindre et mépriser ses bourreaux.
Loc. proverbiales. Être brave comme un bourreau qui fait ses pâques. ,,Se dit d'un homme bien vêtu, qui n'a point coutume de l'être`` (Ac. Compl. 1842). Synon. vieilli être paré comme un bourreau qui est de fête (GUÉRIN 1892). Se faire payer en bourreau. Se faire payer d'avance (cf. Ac. 1798).
Rem. En arg. ,,le bourreau est le taule, puis Charlot, puis l'atigeur, puis le becquillard`` (HUGO, Les Misérables, t. 2, 1862, p. 199); termes attestés dans BRUANT 1901, BAILLY (R.) 1964.
B.— P. anal., péj. et souvent littér.
1. Personne exerçant des violences principalement physiques sur une autre généralement sans défense avec une froide cruauté :
4. Dans sa cellule, le colonel Picquart songe, et suivant, en son rêve, les pensées de ses tortureurs, sourit tranquillement au devoir. Il n'a dit qu'un mot encore : « assassins! » ce mot retentira terriblement dans l'histoire, pour l'éternelle flétrissure de ses bourreaux et des lâches qui l'ont livré.
CLEMENCEAU, Vers la réparation, 1899, p. 225.
Bourreau d'enfant. ,,Auteur de crimes ou délits sur la personne d'un ou plusieurs enfants (mauvais traitements, violences, brutalités, cruautés, privations de soins ou d'aliments, claustrations...)`` (LAFON 1963). P. exagér. ou iron. Personne sévère :
5. Allons, essuyez vos yeux. Que penserait-on à vous voir? Que je vous ai grondée peut-être, que je suis un bourreau d'enfants.
G. DUHAMEL, Chronique des Pasquier, La Nuit de la Saint Jean, 1935, p. 89.
Bourreau de la famille. ,,Type d'individu, habituellement alcoolique, martyrisant femme et enfants par des scènes de violence quotidiennes, les contraignant à vivre dans un état quasi permanent de terreur`` (PIÉRON 1963).
2. Personne exerçant des violences surtout morales.
Bourreau de lui-même. Expression traduisant le titre de la comédie de Térence intitulée Heautontimoroumenos (« qui se torture soi-même »), rencontrée sous la forme bourreau de soi-même et être son propre bourreau (Ac. 1835-1932). Personne qui exige le maximum d'elle-même et ne se ménage pas :
6. Ce bourreau de lui-même, qui avait eu à lutter avec les passions, le sang de son pays, et qui avait tué sous lui, par une véritable torture, ses appétits violents, était naturellement devenu un bourreau moral pour les autres, pour cette femme.
E. et J. DE GONCOURT, Mme Gervaisais, 1869, p. 227.
C.— P. hyperb.
1. Personne qui fatigue, obsède, ennuie son entourage (cf. COLETTE, La Maison de Claudine, 1922, p. 204).
Vx, fam. ,,Terme de reproche, une expression d'humeur et d'impatience.`` (Ac. 1835-1932);,,Eh bien, bourreau, t'expliqueras-tu?`` (Ac. 1835-1932); cf. ex. 1.
2. [En parlant d'un inanimé]
a) Rare [En parlant d'un inanimé concr.] Le piano, son seul jouet depuis des années, son compagnon, son bourreau (G. DUHAMEL, Chronique des Pasquier, Le Jardin des bêtes sauvages, 1934, p. 228).
b) [En parlant d'une entité abstr.] Le remords est un cruel bourreau (Ac. 1798-1878). Ce bourreau que j'appelle l'attente (BALZAC, Lettres à l'Étrangère, t. 2, 1850, p. 86).
D.— P. plaisant., fam. [Suivi d'un compl. prép. de] Personne qui vainc toute résistance, vient totalement à bout de ce qu'elle entreprend.
1. [Le compl. désigne un animé] Bourreau des cœurs. Séducteur, don Juan. Beau, vigoureux, gaillard, la coqueluche des femmes, le bourreau des cœurs (A. FRANCE, Le Petit Pierre, 1918, p. 179). Bourreau des crânes (arg.). Bravache, fier-à-bras (cf. F. VIDOCQ, Mémoires de Vidocq, t. 2, 1828-29, p. 135).
2. [Le compl. désigne un inanimé] Bourreau d'argent. Dépensier, prodigue. Jeunes gens (...) tous désœuvrés appelés « viveurs » (...) tous bourreaux d'argent (BALZAC, Les Illusions perdues, 1843, p. 463). Bourreau de travail. Grand travailleur (cf. abatteur ex. 6).
Rem. On rencontre dans la docum. un emploi de bourrel, repris par Hugo à l'a. fr. pour les besoins de la couleur locale : le bourrel aime cela (Notre-Dame de Paris, 1832, p. 451).
II.— Bourrelle, subst. fém.
A.— Vx et inus.
1. Femme du bourreau (cf. Ac. 1798, 1835).
2. ,,Femme chargée de l'exécution de certaines peines (le fouet, etc.) infligées à des femmes`` (DG).
Rem. ,,[Bourreau fait partie des] noms de personnes désignant des professions exercées ordinairement par des hommes ou ne s'appliquant habituellement qu'à des hommes [et qui] n'ont pas de forme féminine [pour lesquelles] le féminin s'indique parfois à l'aide du mot femme placé devant le nom pris adjectivement, parfois aussi par l'article ou par ce qui en tient lieu`` (GRÈV. 1964, pp. 181-182). La majorité des dict. indique cependant un fém. bourrelle, mais signale qu'il est vx et inus. Ac. 1932, ROB. et DUB. ne mentionnent pas le féminin.
B.— P. anal., péj.
1. Femme cruelle; ,,mère qui traite ses enfants avec une dureté excessive`` (Ac. 1798) :,,c'est une véritable bourrelle`` (Ac. 1798) :
7. ... résisterait-il à la tentation de revoir la bourelle [sic] en rentrant dans la cité? Revenir... Il était perdu, ce misérable comtadin, si jamais il retombait sous la coupe de cette belle dame! Escofié, ce truand, s'il était repincé par cette marquise.
L. CLADEL, Ompdrailles, 1879, p. 112.
2. Femme, fille qui cause du souci, un ennui moral :
8. Vous connaissez nos aimables enfants. Imaginez quelque chose de plus déchirant que d'entendre ces petites bourrèles [sic] innocentes nous demander ce qui leur serait nécessaire ou très-utile et que nous ne pouvons leur donner.
BLOY, Journal, 1904, p. 153.
C.— P. métaph. [En parlant d'un inanimé] (Cause de) tourment physique. La faim, logée dans mon ventre, y tire, — la bourrelle! (BERTRAND, Gaspard de la nuit, 1841, p. 101).
Rem. 1. Emploi mentionné dans BESCH. 1845, Lar. 19e, Nouv. Lar. ill. avec cet ex. ,,les trois bourrelles de notre esprit : l'amour, l'ambition, l'avarice (E. Pasquier)``. 2. Emploi adj. anc. rappelé dans DG.
Prononc. :[].
Étymol. ET HIST. — A.— Subst. masc. 1319-40 bourriau (Dits de Watriquet de Couvin, 215, 534 dans T.-L.); 1550 fig. (RONSARD, Odes, II, IV, Contre les avaricieux dans GDF. Compl.); p. ext. 1680 (RICH. : Bourreau [homme] cruël, méchant); 1690 bourreau d'argent (FUR.). B.— Subst. fém. XVIe s. bourrelle « femme chargée de l'exécution de peines infligées à des femmes » (Le danger de se marier, Poés. fr. des XVe et XVIe s., III, 74 dans GDF. Compl.); fig. 1555 (BAÏF, L'Amour de Francine, L. I [I, 140] dans HUG. : Bourrelle des Amans, chagrine jalousie).
Dér. de bourrer étymol. 1; suff. -eau, -elle.
STAT. — Fréq. abs. littér. :1 563. Fréq. rel. littér. : XIXe s. : a) 2 999, b) 2 381; XXe s. : a) 2 106, b) 1 544.
BBG. — BARB. Misc. 25 1944-52, pp. 42-43. — DAUZAT Ling. fr. 1946, p. 10. — SAIN. Sources t. 1 1972 [1925], p. 356.

bourreau [buʀo] n. m.
ÉTYM. 1319; bourrel, n. m., 1302; de bourrer « frapper ».
1 Homme qui exécute les peines corporelles ordonnées par une cour de Justice. || Bourreau qui applique la torture, les supplices. Questionnaire, tortionnaire, tourmenteur; aussi bourrelle.
Spécialt. Homme qui exécute les condamnés à mort. Exécuteur (des hautes œuvres, des basses œuvres), guillotineur, tranche-tête (vx); béquillard (argot anc.). || Les instruments du bourreau. || Livrer qqn, la tête de qqn au bourreau. || Il a avoué entre les mains du bourreau. || Aide du bourreau, les aides du bourreau.Vx. || Valet de bourreau.
1 Allons vite, des commissaires, des archers, des prévôts, des juges, des gênes, des potences et des bourreaux.
Molière, l'Avare, IV, 7.
1.1 Sanson, le père du dernier exécuteur de ce nom, car il a été destitué récemment, était le fils de celui qui exécuta Louis XVI.
Après quatre cents ans d'exercice de cette charge, l'héritier de tant de tortionnaires avait tenté de répudier ce fardeau héréditaire.
Les Sanson, bourreaux à Rouen, pendant deux siècles, avant d'être revêtus de la première charge du royaume exécutaient de père en fils les arrêts de la justice depuis le treizième siècle. Il est peu de familles qui puissent offrir l'exemple d'un office ou d'une noblesse conservée de père en fils pendant six siècles.
Balzac, la Dernière Incarnation de Vautrin, éd. Michel Lévy, p. 73.
1.2 (…) les aides du bourreau, en redingotes, en hauts chapeaux de soie noirs, attendaient, erraient d'un air de patience.
Zola, Paris, t. II, p. 178.
2 Nous adresserons à Dieu, jusqu'au seuil de la mort, la prière de Mme du Barry à Sanson : « Monsieur le bourreau, encore une petite minute (…) ».
F. Mauriac, Souffrances et Bonheur du chrétien, p. 86.
2.1 Vous savez que l'ordonnance d'extermination est toujours en vigueur. Et ce serait une erreur de croire que votre beauté va freiner l'ardeur des bourreaux.
A. Robbe-Grillet, Souvenirs du triangle d'or, p. 180.
2 (1550). Personne qui fait souffrir, qui martyrise qqn, physiquement ou moralement, afin d'en obtenir qqch. ou non ( aussi Bourreleur, bourrelle).
3 (Il veut) Qu'au lieu de votre époux je sois votre bourreau ?
Racine, Iphigénie, III, 6.
3.1 Néanmoins, je préférai ne pas parler de cet incident puisque je n'avais eu ni le courage ni la puissance de l'empêcher; il m'eût été trop pénible, en disant du bien de la victime, de faire ressembler aux satisfactions de la cruauté les sentiments qui animaient les bourreaux de cette débutante.
Proust, le Côté de Guermantes, Folio, p. 208.
4 Toute la vie n'est-elle pas faite ainsi du plus haut de l'échelle au plus bas (…) chacun ayant sa victime et chacun son bourreau ?
Paul Léautaud, Passe-temps, p. 96.
Par métaphore. Littér. || « L'homme est sans cesse à la fois (…) assassin et bourreau ». → Perversité, cit. 3, Baudelaire.
4.1 Je suis la plaie et le couteau !
Je suis le soufflet et la joue !
Je suis les membres et la roue,
Et la victime et le bourreau !
Baudelaire, les Fleurs du mal, « l'Héautontimoroumenos », Pl., p. 79.
Fig. Bourreau de soi-même (trad. de Héautontimoroumenos, titre d'une comédie de Térence) : personne très exigeante vis-à-vis d'elle-même.
Spécialt. Tortionnaire.
5 Ils l'ont conduit au cimetière abattu d'une balle dans le ventre. Et comme il ne se hâtait pas de mourir, les bourreaux qui buvaient non loin de là, sont revenus avec la bouteille d'eau-de-vie, un peu saouls. Ils ont enfoncé le goulot dans la bouche de l'agonisant, puis lui ont cassé sur la tête le litre vide.
Bernanos, les Grands Cimetières sous la Lune, p. 134.
Loc. Bourreau d'enfants : personne qui martyrise un ou des enfants (→ Enfant martyr). Pervers. — ☑ Didact. Bourreau domestique (attesté 1934) : personne (type pervers) dont la malignité s'exerce exclusivement sur les membres de sa famille (actes de brutalité, comportement tyrannique…).
3 Fig. Bourreau de travail : personne qui abat beaucoup de travail.
6 (…) ce Bonaparte — lui-même bourreau de travail — était déjà l'homme qui devait toujours fatiguer ses collaborateurs, par son souci de les faire rendre.
Louis Madelin, Hist. du Consulat, t. II, XVII, p. 247.
6.1 Pierre savait qu'avant peu il aurait sa place au bureau même de son frère et qu'il lui faudrait besogner neuf et dix heures par jour dans l'ombre de ce bourreau de travail, tyran peut-être redoutable, plus méthodique, que n'était M. Lenoir le père.
M. Aymé, Travelingue, p. 154.
Bourreau d'argent : personne qui dépense beaucoup.
4 Par plais.Bourreau des cœurs : homme qui a du succès auprès des femmes (→ Don Juan).
7 Beau, vigoureux, gaillard, la coqueluche des femmes, le bourreau des cœurs (…)
France, le Petit Pierre, XXII.
DÉR. (De l'anc. franç. bourrel) 1. Bourreler, bourrelle.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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